EXPO : « PasséPrésent », SARAH MOON AU MAM

Sarah Moon, photographe venue de la mode dans les années 60, présente au Musée d’Art Moderne de Paris l’étendue de son œuvre. Son univers, lié à l’irréel et au hasard, fait voyager le visiteur au travers d’images et de films oniriques, sombres et sophistiqués.

Tout d’abord mannequin elle-même puis photographe de mode, Sarah Moon se fait vite remarquer par son style très personnel.  Alors que jusque-là, la photo de mode est un domaine principalement masculin, sa renommée devient internationale lorsqu’elle collabore avec Cacharel, en 1968. Elle travaillera également pour les enseignes toutes aussi prestigieuses, Comme des garçons, Vogue, Elle, Dior et en 1972, elle est la première femme à photographier le calendrier Pirelli, le plus prestigieux au monde.

Son imaginaire crée un monde singulier, encore inédit en photo de mode et très vite ses tirages noir et blanc ou aux couleurs si sensuelles en font sa signature. C’est un regard complice et emprunt de féminité qu’elle sait porter sur ses modèles.

Réinventer le réel 

A la mort de son assistant Mike Yavel, en 1985, elle oriente sa pratique vers des thématiques plus personnelles. Pour la première fois, elle photographie pour elle-même, sans passer par le principe de commande et elle rompt peu à peu avec le romantisme, s’éloigne de la séduction pour s’engager dans une voie plus introspective et purement artistique. 

Sarah Moon, Pour Yohji Yamamoto, 1996 © Sarah Moon

Elle pousse la narration en réinventant des contes traditionnels et s’ouvre au cinéma. Elle cherche à réinventer le réel, faire du vrai avec du faux, car c’est l’envers du décor qui l’intrigue.

Elle s’intéresse à la détérioration de l’image, l’abîme alors en grattant le négatif, ou en ayant recours à différentes techniques comme la solarisation. 

Je guette l’imprévisible, j’attends de reconnaître ce que j’ai oublié. J’espère le hasard et je souhaite plus que tout être touchée en même temps que je vise.

SARAH MOON

L’exposition, pensée avec l’artiste elle-même, n’est pas présentée chronologiquement mais comme un chemin fait d’allers-retours, de rebondissements, d’échos. Le visiteur passe de l’enchantement au dérangement, de la douceur à la stupeur, toujours avec volupté et une grande émotion.

Sarah Moon, Anatomie, 1997 © Sarah Moon

Le parcours s’articule autour de la présentation de cinq de ses films : Circuss (2002), Le Fil rouge (2005), Le Petit Chaperon noir (2010), L’Effraie (2004), Où va le blanc… (2013), laissant les photographies s’animer et se raconter tout autour. 

Enfin, Sarah Moon dédie une salle à l’homme qui partagea sa vie durant quarante-huit ans, l’éditeur, publicitaire, commissaire d’exposition Robert Delpire. Elle recrée son univers en présentant ses livres, ses herbiers etc… un hommage touchant à un acteur important de la scène artistique de l’époque.

Sarah Moon « PasséPrésent », au musée d’art Moderne de la Ville de Paris

18 septembre 2020 – 10 janvier 2021

Commissaire : Fanny Schulmann

Marie Saille

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