Les céramiques de Catherine Dix

 “Mes bouteilles se transforment en créatures tripodes, parfois haut perchées ou évoquant une cocotte sans tête. L’interprétation est libre. Je n’enferme aucun objet dans une fonction précise. »

Catherine Dix.

Après une dizaine d’années passées dans le monde de la mode, Catherine Dix cherche un nouveau souffle. Elle le trouve dès 2012, alors qu’elle découvre le travail de l’argile. Pendant les quatre années qui suivent, elle se forme à l’univers de la céramique et découvre la multitude de possibilités qu’offre la terre. Aujourd’hui, elle vit entre Paris et Montreuil et développe, à travers différentes techniques de façonnage, des pièces uniques ou en petites séries utilisant les vides et les pleins, l’ombre et la lumière. Depuis un an, la céramiste développe un travail autour de la bouteille, objet a priori banal de notre quotidien qu’elle détourne avec habileté de sa fonction première, en en faisant une sculpture ou un vase. Interview.

FDA : Quel est votre parcours ?

Catherine Dix : Je me suis reconvertie une première fois dans la mode, et pendant près de 10 ans j’ai été directrice de collection et styliste chaussures et maroquinerie. C’est en 2012 que je touche pour la première fois à la céramique. Je me suis formée mais j’ai réellement commencé à travailler en 2016. Il m’a fallu deux ans avant de montrer mon travail. Je voulais prendre le temps, trouver mon chemin.

FDA : Comment décririez-vous votre travail ?

Catherine Dix : Je travaille sur l’équilibre. La forme est ce qu’il y a de plus important dans ma démarche. Je façonne différents éléments et je fais ensuite en quelque sorte un travail de maçon, d’architecte avec une petite dose d’humour parfois.

FDA : Quelles sont vos inspirations ?

Catherine Dix : Elles me viennent de mon enfance, que j’ai passé en Union Soviétique dans les années 1970. J’étais entourée par la structure métallique notamment, qui me vient du travail de mes parents et de l’architecture constructiviste de cette époque. J’admire également le travail des potiers japonais et coréens, ainsi que la poterie primitive en général. Je suis plutôt attirée par le côté brute de toute chose, qu’il s’agisse de céramique, d’architecture ou de nature. 

FDA : Quel est votre processus de création ? 

Catherine Dix : Je ne fais pas de dessins préalables, je travaille à l’instinct, en façonnant directement différents éléments à l’aide de techniques de façonnage. Ensuite, je passe à l’assemblage des corps et des pieds de mes bouteilles, puis des goulots, le propos dans mon travail étant de trouver un équilibre qui me semble le plus juste. Je finalise avec la pose de la anse qui va définitivement donner son identifié à ma bouteille. Lorsque les pièces ont subies la première cuisson, j’appose de la cire sur le bas des pieds pour la propreté, puis je passe à l’émaillage que j’applique soit par trempage, soit par versement. 

Courtesy of the artist.

FDA : Avez-vous le sentiment que le fait d’être une femme à un impact sur votre travail ?

Catherine Dix : J’ai le sentiment qu’aussi bien mon côté féminin que mon côté masculin ont un impact sur mon travail. À mon sens, mes oeuvres reflètent à la fois l’un, et l’autre. Il n’est pas nécessaire d’être un homme pour réaliser un objet robuste, non plus d’être une femme pour réaliser un objet délicat.

Pour retrouver le travail de Catherine Dix, c’est par ici.

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