L’illustratrice Marie Doazan

J’ai une passion pour les affichistes français du milieu du XXe siècle. Mais tout peut m’inspirer ! Une association de couleurs sur un passant dans la rue peut me faire rebondir sur une idée d’illustration que j’arrive à visualiser rapidement.

Marie Doazan.

Son style mêle couleurs vives et courbes douces, ses illustrations ont un goût de soleil et donnent envie de repartir illico en vacances. Originaire de Toulouse, Marie Doazan s’est expatriée à Paris pour se former à l’école Olivier de Serres. Après plusieurs années à naviguer d’agence en studio de création où elle a été graphiste et directrice artistique, elle décide se consacrer entièrement à sa passion, l’illustration, et se lance en indépendante. Aujourd’hui, elle expose régulièrement en France et collabore avec de nombreux titres de presse (M Le Monde, Les Echos, Paulette…). Par ces temps un peu gris, elle remet un peu de ciel bleu sur ce blog ! Rencontre.

FDA : Bonjour Marie. Quel est votre parcours ?

Marie Doazan : J’ai suivi des études d’arts appliqués à Paris, à l’ENSAAMA Olivier de Serres. Mon BTS communication visuelle en poche, je suis partie en stage chez Konbini où j’ai eu la chance d’être chapeauté par un très bon directeur artistique qui m’a accompagnée dans mes premiers projets professionnels. Pendant 7-8 ans, j’ai été graphiste et directrice artistique freelance dans le milieu du graphisme et de la pub. Grâce à ça, j’ai appris à mettre en valeur mes idées, à affûter mon oeil aux cadrages. Mais un jour, j’en ai eu marre, l’idée de me consacrer entièrement à l’illustration me trottait dans ma tête depuis un petit moment, j’ai donc décidé de me foncer ! Je ne le regrette absolument pas, et cela bientôt faire 4 ans que je vis de mes illustrations. 

FDA : Travail ou vocation ?

Marie Doazan : Les deux ! La vocation est forcément là puisqu’on tombe rarement dans le milieu des arts par hasard, il faut l’avoir souhaité. Ado, je rêvais d’être architecte d’intérieur. Finalement, les maths ont eu raison de moi (c’était affreusement laborieux !) et quand j’ai découvert le graphisme et l’illustration, j’étais décidée ! Cela dit, j’appuie également sur la notion de travail afin que ceux qui sont extérieurs à ce milieu-là puissent entendre l’aspect professionnel et financier. On entend trop souvent le fameux “métier-passion” qui impliquerait automatiquement une gratuité et disponibilité de la part des artistes. Non ! Même si on apprécie la reconnaissance, on a des factures à payer à la fin du mois… comme tout le monde ! 

Courtesy of the artist.

FDA : Comment définiriez-vous votre travail ? 

Marie Doazan : Coloré, structuré, et parfois nostalgique ! 

FDA : Quelle sont vos inspirations ? 

Marie Doazan : J’ai une passion pour les affichistes français du milieu du XXe siècle. On passe de la réclame à l’image graphique, très forte. Parfois aussi teintée d’humour. Pour n’en citer que quelques-uns : Hervé Morvan, Savignac, Villemot. En peinture, j’adore le travail de Shirley Jaffe, David Hockney et Edward Hopper. Mais tout peut m’inspirer ! Une association de couleurs sur un passant dans la rue peut me faire rebondir sur une idée d’illustration que j’arrive à visualiser rapidement. Mais parfois aussi, ce peut être laborieux. Malgré les lectures, sorties, croquis, rien de bon ne sortira !

FDA : Quel est votre processus de création ? 

Marie Doazan : Quand je reçois un brief, je commence toujours par faire des croquis à la main sur mon carnet. Cela me permet de valider très rapidement l’idée, souvent le cadrage. Je passe ensuite à l’ordinateur et débute mon illustration. J’ai besoin de travailler avec la couleur et les formes, et souvent, l’échange est plus facile avec le client dès lors qu’il se projette dans le style et la palette chromatique. Quand je dessine pour mes projets personnels, je peux suivre le même processus, mais il m’arrive de débuter directement mon illustration à l’ordinateur. 

FDA : Avez-vous le sentiment que le fait d’être une femme a un impact sur votre travail ?

Marie Doazan : Certainement. Sur certains thèmes ou représentations du corps, on percevra sûrement une sensibilité différente, ou un point de vue plus “concerné”. J’ai la chance d’être contactée autant pour des projets dans le domaine de la cosmétique que pour faire des pochettes de musique (de rap, oui oui !). J’aime croire que c’est le style graphique qui plaît.

FDA : Où peut-on vous voir en ce moment ? 

Marie Doazan : Ma nouvelle exposition, “Le Train Bleu”, est visible à la Slow Galerie à Paris en ce moment. C’est un hommage à la fameuse ligne qui reliait Paris à Vintimille. Rien que pour la beauté, la chaleur du lieu et la gentillesse de Lamia et Clémence, je vous conseille d’aller y prendre un café ou un thé tout en admirant les centaines d’illustrations et de dessins accrochés au mur…

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