la photographe Sabine Weiss lauréate du Prix Women in Motion 2020

La photographe Sabine Weiss a reçu le prix Women In Motion 2020. C’est l’actualité de la semaine dans le monde de la photographie mais pas que… Début novembre est également paru un livre de référence sur la place des femmes photographes dans l’histoire. Leur point commun ? Women in Motion: plus qu’un prix, tout un programme.  Décryptage.

C’est quoi, le(s) prix Women in Motion ?

Tout commence par l’engagement du groupe Kering (Balenciaga, Saint Laurent…) d’aider les femmes à travers le monde, notamment dans le domaine de l’art et de la culture. Women in Motion est au départ un programme élaboré depuis 2015 en partenariat avec le Festival de Cannes. Initialement, il permet de mettre en lumière la contribution de femmes inspirantes ou de jeunes talents du cinéma devant et derrière la caméra. Le programme s’est ensuite étendu à d’autres domaines dans lesquels les inégalités femmes-hommes sont tout aussi présentes : la littérature, les arts plastiques et la photographie. En 2019, Kering et les Rencontres d’Arles nouent un nouveau partenariat : Women in Motion pour la photographie. Il s’accompagne de la remise du prix Women in Motion, qui récompense la carrière d’une « femme photographe emblématique », et de la création du Women in Motion LAB, qui soutient un projet de recherche valorisant des femmes photographes. 

Proche des artistes, elle photographie des personnalités telles que Niki de Saint Phalle, Alberto Giacometti ou encore Françoise Sagan. Ses clichés sont exposés à travers le monde. Pourtant, il faut attendre 2016 pour qu’une première rétrospective LUI SOIT CONSACRÉE AU JEU DE PAUME, portée par l’engagement de Marta Gili.

Qui est Sabine Weiss, lauréate du prix Women in Motion ?

En 2020, succédant à l’artiste américaine Susan Meiselas, le prix Women in Motion est attribué à Sabine Weiss. Née en Suisse en 1924, la photographe est toujours aussi active à 96 ans. Elle appartient à la photographie humaniste et en est la dernière représentante. Ce courant place l’humain au cœur d’images du quotidien et réunit notamment Robert Doisneau, Willy Ronis ou encore Henri Cartier-Bresson. Pour Sabine Weiss, « la photographie n’est pas un art mais un témoignage »* et la rue, son terrain de jeu privilégié, est avant tout le « témoignage de la vie sociale »*. Elle aime « photographier la vie des autres »* et regrette que la télévision nous ait rendu moins enclin aux promenades extérieures, à l’origine de son processus créatif. Âgée de seulement 11 ans, Weiss s’achète son premier appareil. À  17 ans, elle débute dans un studio photo suisse et apprend la photographie auprès de Paul Boissonnas. Elle continue ensuite son apprentissage à Paris auprès de Willy Maywald, célèbre photographe de mode de l’après-guerre. Véritable touche à tout, l’artiste réalise des clichés du quotidien ou des commandes lors de ses voyages, de passage dans des morgues, dans des usines ou dans des ateliers d’artistes. La guerre reste le seul sujet qu’elle a toujours refusé de traiter. En 1950, la photographe épouse le peintre américain naturalisé français Hugh Weiss, qu’elle transforme parfois en modèle lors de leurs déambulations nocturnes. En 1952, elle est l’une des rares femmes à intégrer l’agence Rapho aux côtés de Janine Niepce. Tout au long de sa carrière, Sabine Weiss collabore avec la presse internationale (Vogue, le New York Times…). Proche des artistes, elle photographie des personnalités telles que Niki de Saint Phalle, Alberto Giacometti ou encore Françoise Sagan. Ses clichés sont exposés à travers le monde. Pourtant, il faut attendre 2016 pour qu’une première rétrospective, portée par l’engagement de Marta Gili, présente toute la diversité de son travail au Jeu de Paume. Saluant 80 ans de carrière, le prix Women In Motion manifeste une reconnaissance bienvenue à cette artiste majeure devenue Officier des Arts et des Lettres en 1999, et ayant reçu les insignes de Chevalier dans l’Ordre du mérite en 2010.

Quel est le projet porté par le Women in Motion LAB (« LAB ») en 2020 ? 

En parallèle du prix Women in Motion, le LAB a choisi d’accompagner pendant 2 ans un premier projet de valorisation des femmes photographes.  Cette année, ce projet a pris la forme d’un livre, paru en novembre 2020 aux Éditions Textuels, et intitulé « Une histoire mondiale des femmes photographes ». Co-écrit par Luce Lebart, historienne de l’art, et Marie Robert, Conservatrice en chef du Musée d’Orsay en charge de la collection de photographies depuis 2011, il est un hommage vibrant aux femmes photographes. L’ouvrage est en outre novateur car il présente 450 clichés de 300 femmes photographes internationales depuis l’invention de la camera obscura jusqu’au début du XXIème siècle. La singularité du livre repose également sur les textes présentant les artistes, écrits par 160 autrices aux plumes variées. Kaléidoscope d’images, les photographes abordent des préoccupations fortes en portant un regard sur les minorités sociales, les victimes de violence, les personnes en situation de handicap, ou encore la condition féminine de part le monde.

Jusqu’au 15 novembre, l’édition digitale 2020 de Elles X Paris Photo, soutenue par le Ministère de la Culture et en partenariat avec le groupe Kering, présente les clichés de femmes photographes du monde entier, dont ceux de Sabine Weiss. De telles initiatives sont encourageantes pour leur donner de la visibilité, bien que les inégalités restent encore fortement présentes.

* propos de Sabine Weiss recueillis dans le podcast Boomerang du 12 novembre 2020. 

Caroline d’Errico

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