Isabelle Cornaro et Lili Reynaud-Dewar nommées pour le Prix Marcel Duchamp 2021

Pour sa 21ème édition, le Prix Marcel Duchamp a nommé quatre artistes, dont deux femmes : Isabelle Cornaro et Lili Reynaud-Dewar. Organisé par l’ADIAF, l’Association pour la Diffusion de l’Art Français, ce prix est remis à un ou une jeune artiste émergent(e) chaque année. L’artiste sélectionné.e reçoit 65 000 euros (35 000 euros de dotation, 30 000 euros d’aide à la galerie pour la scénographie) et l’opportunité d’exposer au Centre Pompidou. Portraits des deux potentielles lauréates.

Isabelle Cornaro

crédits: South London Gallery

Née en 1974, Isabelle Cornaro vit et travaille entre Paris et Genève. Sa pratique est variée puisqu’elle inclut autant la sculpture, la peinture que des installations vidéos et scénographiques. Ses œuvres font souvent référence à l’art du XVIème siècle, une période qu’elle a étudiée à l’École du Louvre. Son installation Paysage avec poussin et témoins oculaires (2015), par exemple, s’inspire des paysages de l’artiste Nicolas Poussin (1594-1665) en plaçant différents objets sur des piédestaux de manière réfléchie, autour desquels le visiteur peut circuler. Cornaro nous invite alors à repenser notre rapport à ceux-ci et à leur symbolique au sein d’un espace qui ne semble ne pas leur être familier.

Paysage avec poussin et témoins oculaires (2015). crédits: Andy Keate pour la South London Gallery

En 2015 au Palais de Tokyo, c’est le travail de Monet qu’elle référence cette fois-ci avec ses peintures murales monochromes, dans lesquelles elle explore de nouveau la notion de paysage. 

À travers son travail, elle questionne la valeur de notre héritage culturel et artistique, mais aussi la reproduction et la composition. Grâce à la multiplicité des techniques qu’elle utilise, la pratique d’Isabelle Cornaro offre au public un regard varié sur des thèmes qui lui sont chers. 

Lili Reynaud-Dewar 

© Lili Reynaud Dewar

Travaillant principalement sous forme de performance, de vidéos, ou d’installations, l’artiste française Lili Reynaud-Dewar explore de nombreux thèmes, souvent tabous et liés à l’intime, comme la question du corps par exemple. Elle n’a pas peur d’aborder des sujets sociopolitiques, comme pour son installation My Epidemic (small modest bad blood opera) abordant l’impact du SIDA sur la délimitation entre le corps privé et le public, l’intime qui devient politique. De son passé de ballerine à haut niveau, Lili Reynaud-Dewar garde la capacité à se mettre en scène et à s’inspirer de chorégraphies d’autres artistes comme Joséphine Baker par exemple. 

© Lili Reynaud Dewar

On trouve également des références à l’histoire du cinéma et de la musique, mais aussi à d’autres personnalités associées à la transgression telles que l’écrivain Jean Genet ou le musicien Sun Ra. Le travail de Lili Reynaud-Dewar n’a donc pas peur de repousser les limites et d’entrelacer les expériences personnelles de l’artiste à l’œuvre d’icônes culturelles ; le résultat est aussi touchant que percutant.

En 2020, le prix Marcel Duchamp fut attribué à l’artiste canadienne Kapwani Kiwanga au cours d’une cérémonie au Centre Pompidou. Cette année, Lili Reynaud-Dewar et Isabelle Cornaro seront en lice avec deux autres artistes : Julian Charrière et Julien Creuzet. Rendez-vous le mardi 6 octobre 2021 au Centre Pompidou pour le vernissage de l’exposition regroupant les 4 artistes nommés, et le lundi 18 octobre pour connaître le ou la lauréate !

Alice Oster

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