Où voir de l’art quand les musées sont fermés ?

Voilà des semaines que les musées sont fermés, et pour voir de l’art, il faut désormais se tourner vers les galeries. Mais pas seulement… Certaines œuvres d’art continuent à être accessibles là où on ne s’y attend pas tellement : dans les parcs, sur les places et dans des espaces pas forcément institutionnels qui tendent à devenir de véritables lieux de vie où se mêlent art et produits. Tour de France (non exhaustif) des lieux où il est encore possible de voir du beau. 

Dans les villes

Nice, Paris, Marseille… Les plus grandes d’entre elles regorgent d’œuvres pérennes acquises au fur et à mesure des années, notamment grâce à l’arrivée du 1% artistique destiné à promouvoir la création contemporaine dans les espaces publics. Installées ici et là avec l’ambition de porter la création contemporaine à la rencontre de tous les publics, ces collections d’art à ciel ouvert prennent des formes variées, souvent surprenantes, parfois radicales, mais toujours traversées de questions sur le monde qui nous entoure. 

Marseille

Il suffit de se rendre sur le vieux port pour déambuler sous une œuvre d’art géante :  l’ombrière imaginée par les architectes Norman Foster and Partners en 2013. La ville est aussi le terrain de jeu idéal pour une chasse aux trésors artistiques. En arpentant ses rues, on tombe nez à nez avec des Invaders imaginés et installés spécialement pour la ville, à l’occasion de la carte blanche laissée à l’artiste du même nom par la Cité Radieuse en 2020 et pilotée par le designer Ora Ito. 

Bordeaux

Impossible de louper le « Lion bleu » de Xavier Veilhan qui règne fièrement sur la place Stalingrad. Puis, changement d’univers lorsque l’on prend la direction des Bassins à flot . Le « Vaisseau spatial » de Suzanne Treister, artiste londonienne, a été inauguré en 2018 dans le cadre d’une commande publique.

Bordeaux Métropole

Paris

Il est possible de redécouvrir les incontournables colonnes de Buren place du Palais Royal où encore le corpus d’œuvres du quartier de la Défense où dialoguent plus de cinquante œuvres monumentales. De Bernar Venet à Takis, en passant par François Morellet, Calder où encore Miro.

Le 13e offre aussi un véritable musée à ciel ouvert pour tous les fans d’art urbain. Une initiative de la galerie Itinérance et de la mairie, dans le cadre de laquelle pas moins de 26 fresques monumentales ont été peintes, par de grands noms comme Obey ou Vhils… 

Nice

Un parcours d’œuvres d’art a vu le jour dans l’espace public avec la création du tramway qui a constitué une opportunité de commandes artistiques destinées à accompagner cette profonde métamorphose urbaine. Le long des 8,7 km de tracé du tramway, on compte désormais une collection d’art contemporain de 223 œuvres dont celles de Jaume Plensa, Jean-Michel Othoniel, où encore Gunda Förster qui rend un hommage au bleu d’ Yves Klein, artiste niçois.

Dans les ensembles immobiliers

Les logements, bureaux et espaces commerciaux se parent eux-aussi d’œuvres d’art, commandées par les acteurs de l’immobilier permettant de diffuser l’art dans l’espace public et privé, de promouvoir la création française mais aussi d’embellir les trajets quotidiens des utilisateurs, le tout en créant des dialogues. En 2020, la charte “1 immeuble,1 œuvre » a fêté ses 5 ans et à cette occasion, un ouvrage recensant les œuvres les plus emblématiques sur tout le territoire français sera publié en mars prochain.

Paris et Île-de-France

On peut entre autres y découvrir « A pas cadencés », une fresque murale in-situ de Françoise Pétrovitch, installée en 2018 à Montreuil dans un passage extérieur de l’immeuble. Mais également, l’œuvre monumentale de Nicolas Daubanes  (récemment exposé au Palais de Tokyo) au-dessus de l’entrée principale d’un immeuble à Labège (31), une commande passée par le groupe Terrot.

© Françoise Pétrovitch, Elle, 2019 / Charlotte Donker / Tibaud Babbled

Paul Desmazieres vient récemment d’installer pour Vinci Immobilier, une œuvre digitale monumentale, composée de vitrages LED répartis sur la façade de l’immeuble, visible dans le 13e arrondissement de Paris.

Lyon

A Lyon, dans le quartier d’affaires de la Part Dieu, le collectif New-Yorkais SOFTlab a imaginé en 2017 “Blue Cumulus” une sculpture monumentale de 7m de long, pensée comme un nuage numérique flottant dans le hall d’entrée de l’immeuble Silex1 de Covivio. Une commande qui reprend tous les codes architecturaux du lieu jusque dans le choix des couleurs extraites du mobilier d’intérieur. 

SilexSoftlab ©KevinDolmaire

Dans les centres commerciaux

Si à l’heure où nous écrivons cet article les centres commerciaux sont eux aussi fermés, ils restent néanmoins des lieux offrant la possibilité de découvrir de belles installations. Depuis de nombreuses années, ils tentent d’offrir de nouvelles expériences à leurs clients en redoublant d’efforts pour améliorer le parcours shopping, et en proposant régulièrement des événements culturels, dans des espaces toujours plus agréables, accueillants et divertissants.

Le Bon Marché Rive Gauche (Paris)

Le roi en la matière est l’incontournable Bon Marché, à Paris, qui cet hiver, a notamment donné carte blanche à l’artiste plasticienne Prune Nourry (invitée de l’épisode 37 de Femmes d’art) dont l’oeuvre monumentale “ l’Amazone Erogène” était visible jusqu’au 21 février. Le grand magasin présente aussi, dans ses étages, certaines œuvres issues de sa collection d’art et de design.

L’Amazone Erogène © Le Bon Marché Rive Gauche

L’Espace Beaupassage (Paris)

Dans le 7 arrondissement de Paris, l’espace Beaupassage, inauguré en 2018 propose d’abord un grand ensemble immobilier entièrement réhabilité en logements et 14 boutiques haut de gamme accueillants la crème de la crème des chefs comme Yannick Alléno où encore l’incontournable Thierry Marx. A cela s’ajoute un ensemble d’œuvres d’art pour la plupart in-situ, comme la jungle de cartons d’Eva Jospin où l’étrange arbre hybride de Fabrice Hyber qui trône à l’entrée principale. Un régale pour les papilles et pour les yeux, imaginé par le promoteur Emerige, dans le cadre de la charte  « 1 immeuble, 1 œuvre » lancée en 2015 par le ministère de la Culture.

Le Polygone Riviera (Cagnes-sur-mer)

Sur la côté d’Azur, à Cagnes-sur-mer, le centre Polygone Riviera n’a rien a envier à l’établissement parisien, puisqu’il offre aux visiteurs un parcours d’œuvres permanentes, “Format Paysage », imaginé par Jérôme Sans. Sont données à voir les œuvres de onze artistes qui transposent le quotidien des lieux en d’autres réalités inspirantes. Ainsi se côtoient une œuvre rééditée de César, rendant hommage à Eiffel, où encore les bancs-sculptures, sortes de lianes d’acier de Pablo Reinoso.

Autant d’œuvres mises à notre disposition dans l’espace public et privé qui permettent de maintenir un lien avec l’art dans un contexte si particulier, et rappellent également l’importance de continuer à encourager la mise en place de projets culturels et de ne jamais perdre de vue que « la culture est la bouche par laquelle toutes les différences s’embrassent » (Stéphane Théri).

Clara Copin

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